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La lettre ci-dessous a été écrite en novembre 2003. En 2004, la Ville a cessé de célébrer Halloween. Monsieur le Maire, Des vacanciers vous écrivent Habitués
des vacances à Hardelot-Plage, notre famille (grand-parents, parents,
enfants) a régulièrement apporté sa clientèle aux médecins,
pharmaciens, boutiques de presse, marchands de jouets, restaurateurs,
centre équestre, loueurs, etc… de votre ville. Nous apprécions beaucoup
cette station balnéaire, au point d'y venir en général trois à quatre
fois l'an. L'ambiance familiale, le calme, la beauté du site et le bon
goût des aménagements nous y attirent. Des vacanciers choqués C'est
vous dire que notre surprise fût grande lorsque le dimanche 26 octobre,
nous vîmes défiler en plein centre ville une "procession" menée par un
"ange" et pas n'importe lequel. Un ange de 4 mètres de haut, rouge et
cornu, muni d'ailes noires: Lucifer, ou Satan si vous préférez. Il
était suivi par des personnages hideux dont on pouvait penser qu'il
s'agissait de monstres sortis tout droit des enfers. Atteinte à la tranquillité publique Profondément
choqués par une telle manifestation qui porte atteinte à la
tranquillité publique (le lendemain, des enfants se plaignaient de
cauchemars), nous nous en sommes émus auprès de la Mairie, de l'Office
de Tourisme, du Syndicat des commerçants, du Curé, et nous avons même
ébauché une pétition, interrompue faute de temps. A la Mairie, M.
Delecour a bien voulu me recevoir. Atteinte à la laïcité Si
l'on désire préserver au bénéfice de tous la laïcité de la République,
on ne peut accepter de voir les autorités publiques nationales ou
locales (Education Nationale, Mairies,…) mettre en œuvre officiellement
fin octobre, aux frais directement ou indirectement des contribuables
et touristes, une procession dans la rue principale, derrière un ange,
dans le cadre d'une manifestation à caractère quasi-religieux en
centre-ville, comme on vient de le voir à Hardelot. Il n'était guère
possible d'y échapper. Atteinte aux valeurs chrétiennes Si
l'on est de culture ou de religion chrétienne, on estimera qu'il y a là
une offensive de contre-valeurs destinées à singer et détruire le culte
chrétien des morts, qui s’exprime dans les deux fêtes consécutives de
la Toussaint et de la Commémoration des Fidèles Défunts. Ce n’est pas
un hasard, en effet, si Halloween se célèbre le 31 octobre, jour de la
plus importante des quatre fêtes lucifériennes. On tiendra comme
insupportable de voir Lucifer tenir le haut du pavé à Hardelot. Le
document ci-joint publié dans un journal du Val d'Oise, où nous
résidons lorsque nous ne sommes pas à Hardelot, attestera de la levée
de boucliers engendrée par Halloween auprès de nombreuses églises et
associations chrétiennes. Mise sous influence des enfants L'enfant
tout jeune, sous couvert d'amusement et de liberté, subit une mise en
scène aliénante. On le met "sous influence". On lui impose la facilité,
le jeu et la gourmandise pour prendre la place presque à la même date
la Toussaint, fête de tous les Saints, icônes brillant par leurs
qualités, en général philanthropie et dépassement de soi. Encouragements aux incivilités, à la violence et à la délinquance Il
ne vous aura pas échappé qu'à l'occasion d'Halloween, les enfants sont
encouragés à avoir trois attitudes bien peu citoyennes : · Agir
masqué..., ce qui crée dans l'imaginaire de l'enfant, friand de
mystère, d'insolite et d'effets spéciaux, le goût de rechercher des
activités morbides, ésotériques (spiritisme), macabres (profanation de
tombes). · Faire peur... en exhibant des tenues hideuses, à des gens que l'on va provoquer chez eux. ·
Faire du racket..., mini-racket certes, mais ayant comme finalité
l'obtention de friandises gratuitement, sous la menace ("tu me donnes
des bonbons... ou je te jette un mauvais sort"). Il n'est hélas que
trop facile d'imaginer les ravages que la tolérance envers ces trois
attitudes peut causer dans la tête de ces mêmes enfants quelques années
plus tard: incivilités, délinquance, recours à la violence, actions en
bandes,… Entreprise de déculturation consumériste C'est
aussi, pour les élus d'Hardelot, l'occasion de refuser, hors toute
considération politique, cette entreprise de «déculturation» à vaste
échelle, menée tambour battant à des fins consuméristes, mais aussi
idéologiques, forgée par les hommes de marketing au profit du grand
commerce et de l'argent-roi. Quant aux commerçants de la ville, très
peu d'entre eux se sont crus dans l'obligation de promouvoir Halloween
pour faire prospérer leur commerce. Ils ont eu raison. L'époque est au
commerce éthique, et nous félicitons chaleureusement ceux qui se sont
abstenus. Pour les raisons invoquées ci-dessus Nous
vous prions très respectueusement, Monsieur le Maire, de ne plus
associer Hardelot l'année prochaine à l'expression institutionnalisée
du laid, du macabre, du sinistre, du glauque. Nous vous prions, M. le
Maire, de ne pas vous associer, de ne pas associer vos administrés, ni
vos vacanciers et leurs enfants, à des pratiques et des rites qui
trouvent leurs racines spirituelles dans les profondeurs sinistres du
monde d'Halloween. Nous informons de notre demande les autres parties
prenantes de la vie d'Hardelot, l'Association des Commerçants, la
Paroisse, l'Office de Tourisme, les associations de défense de la
qualité de vie. Espérant
que vous voudrez bien porter un regard attentif à notre requête,
Monsieur le Maire, et dans l'attente de votre réponse, nous vous prions
d'agréer l'assurance de nos sentiments les plus respectueux.
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